L’esprit d’aventure

Conceptualisé en 2003 par Chaliand, Franceschi et Guilbert dans leur livre « De l’esprit d’aventure » aux éditions Arthaud, cet éloge de la liberté et du goût du risque se veut une réponse à l’absurdité du monde. A contre-courant d’une société de plus en plus sécurisée et virtuelle, l’esprit d’aventure repose sur quatre piliers complémentaires :

  1. Le désir d’explorer qui fait appel à la créativité, exige de la curiosité, demande de l’endurance et un travail rigoureux avant que les efforts payent ;
  2. Le besoin de liberté propre à ceux qui place leur passion au-dessus de tout, qui sont en recherche d’absolu ;
  3. L’anti-conformisme, en ce sens qu’il faut remettre en cause les fondements même de la société pour vivre en hommes libres ;
  4. L’aptitude au risque qui passe par une capacité à endurer l’insécurité, à mépriser le confort et à concevoir la mort comme une destinée.

D’après ces auteurs, « l’esprit d’aventure n’est réservé à personne. Il est à tous ceux qui veulent s’en emparer » qu’ils soient entrepreneurs, guides de hautes montagne, agriculteurs, voyageurs ou même écrivains. « L’intérêt de produire des individus habités par l’esprit d’aventure, quel que soit le métier, c’est qu’ils constituent de puissants leviers de progrès pour nos sociétés ». Dans le cadre de mon nouveau projet professionnel, je chercherai à mettre en œuvre cet esprit d’aventure à la croisée des domaines de l’édition, du voyage et de l’accompagnement en moyenne montagne.

 

Le mot « aventure » est plus qu’à la mode dans une époque en quête de sens. Il existe aujourd’hui plus d’une vingtaine de festivals du film d’aventure. Au moins 4 revues spécialisées paraissent chaque trimestre (Carnet d’aventure, Outdoor magazine, Outside et Bout du monde), sans compter les revues dédiées à l’univers du trail, du kayak, du voyage à vélo ou plus généralement autour de la découverte et du voyage. Les blogs et site web sont légions, notamment en ce qui a trait à la micro-aventure (Chilowé, 2 jours pour vivre, besoin d’aventure ou the others). Les maisons d’éditions sont nombreuses à avoir au moins une collection dédiée aux récits d’aventure (Transboréal, Actes Sud, Robert Laffont et Point aventure) et ce n’est pas un hasard si les ouvrages de Sylvain Tesson ou Mike Horn sont d’énormes best-sellers.

Cette soif d’évasion se concrétise souvent dans le domaine du tourisme qui reste la première industrie du monde avec 10 % du PIB mondial (7 % du PIB français), soit un emploi sur onze [données de l’OMT]. Avec 2 milliards de touristes internationaux envisagés en 2030, ce secteur économique ne désemplit pas malgré le coup d’arrêt brutal en 2020-2021 lié à la pandémie. A noter que la France reste la 1ère destination touristique mondiale en volume avec 84,5 millions de visiteurs par an mais la 4ème en valeur. Pour autant, le tourisme est une activité en transition qui s’interroge de plus en plus sur son impact sociétal et environnemental à l’aune des crises mondiales. Un réseau d’acteurs du tourisme durable (286 membres) a ainsi vu le jour en France dès les années 2010 dont 36 membres en région Rhône Alpes.

Grande Traversée des Alpes ( Juin 2023 )